
Les femmes ayant connu des complications de grossesse présentent un risque accru de développer une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) plus tard dans leur vie. C’est ce que révèle cette étude menée à la McGovern Medical School de l’UTHealth Houston (Texas), qui confirme, dans la revue PLOS Medicine et à partir des données de plus de 2 millions de femmes, les conséquences plus largement cardiovasculaires des complications de la grossesse.
L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) survient lorsque les artères se rétrécissent, ce qui réduit le flux sanguin, le plus souvent vers les jambes et les pieds. Elle se manifeste par des douleurs des jambes, des crampes à la marche, des engourdissements, des pieds froids ou des plaies à retard de cicatrisation.
L’AOMI touche des millions de personnes dans le monde et constitue souvent un signe avant-coureur de complications cardiaques ultérieures : AVC, cardiopathie ischémique, voire mortalité prématurée. L’AOMI reste cependant une affection cardiovasculaire peu étudiée.
De précédentes recherches de la même équipe avaient déjà associé les issues défavorables de grossesse à des risques à long terme de maladie cardiaque, d’AVC et d’insuffisance cardiaque. L’un des auteurs principaux, le Dr Casey Crump, professeur à l’UTHealth Houston précise ainsi : « Cette étude prolonge nos travaux antérieurs en montrant que ces femmes présentent un risque accru d’artériopathie périphérique, une affection cardiovasculaire importante mais toujours mal documentée ».
L’étude, menée à partir des données de plus de 2 millions de femmes ayant accouché d’un enfant unique entre 1973 et 2015, analyse la survenue à long terme d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Les chercheurs ont distingué les femmes ayant vécu un accouchement prématuré, une prééclampsie, un diabète gestationnel ou d’autres complications de la grossesse. L’analyse révèle que :
- les femmes ayant connu des complications de grossesse présentent un risque accru d’AOMI plus tard dans la vie ;
- cette augmentation du risque concerne l’accouchement prématuré, la prééclampsie et le diabète gestationnel ;
- ce risque d’AOMI s’ajoute aux risques déjà documentés de maladie cardiaque, d’AVC et d’insuffisance cardiaque.
Quelles implications ? Ces résultats désignent une fenêtre d’action décisive. Pour les femmes concernées, la période suivant l’accouchement représente une occasion cruciale d’établir avec leur médecin traitant un plan de surveillance de ces risques à long terme. Les dépistages de la pression artérielle, du diabète et du cholestérol sont ici essentiels.
S’il est important de surveiller sa santé dès le post-partum, il n’est jamais trop tard pour réduire son risque d’artériopathie périphérique, précisent les auteurs.
Source: PLOS Medicine July 21, 2026 DOI : 10.1371/journal.pmed.1004821 Adverse pregnancy outcomes and long-term risk of peripheral artery disease: A cohort study
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